12/22/2014

L'austérité a-t-elle sa place en éducation?

Je suis mère de deux enfants d'âge scolaire. L'un suit le cheminement régulier, l'autre est dans un programme adapté pour enfants sur le spectre de l'autisme.

Dans les deux cas, j'ai vu des enseignantes (il y a très peu d'hommes dans la profession) se démener pour trouver des solutions personnalisées pour mes enfants. D'accord, dans certaines situations, j'ai chiâlé, mais au fond, j'ai vu des enseignantes travailler bien au-delà des heures pour lesquelles elles sont payées afin d'aider mes fils.

Tous les ans, je suis convoquée pour le plan d'intervention. Invariablement, les enseignantes de mon aîné et celles de mon cadet conçoivent un plan personnalisé dont le seul but est d'assurer leur réussite scolaire. Ce plan comporte de nombreuses initiatives qui requièrent du temps et de la patience. À chaque fois, je me dis : « Ciel, si toute cette attention est donnée à mon enfant, combien d'heures passent-elles par semaine pour aider l'ensemble du groupe ? ». Les enseignantes font vraiment tout ce qui est en leur pouvoir pour aider mes enfants à aimer apprendre. Elles passent des heures et des heures à inventer des moyens plus originaux les uns que les autres pour que nos petits cultivent leur goût de l'apprentissage et développent leur confiance en eux.

Je suis une mère qui a bénéficié d'une éducation, certes imparfaite, mais suffisamment adéquate pour continuer d'aimer apprendre. Je souhaite que mes enfants poursuivent leur cheminement dans la même veine. L'éducation est le nerf de toute société qui se dit progressiste. Si l'éducation est désormais considérée comme un luxe, je m'inquiète grandement.

Pire, si l'on improvise en éducation, je suis consternée. Le programme éducatif d'une société ne peut être géré à l'aveuglette, à tâtons. La finalité de l'enseignement n'est-elle pas d'apprendre à nos enfants à penser par eux-mêmes et à reconnaître le bonheur d'être autonomes dans leurs pensées et leurs actions ? L'enseignement ne se veut-il pas inclusif, soucieux du bien-être de tous les enfants ? Il n'y a pas de place pour l'improvisation quand la finalité est si noble.

Si nos enfants se perdent dans des classes inhumainement surchargées, si leurs enseignantes sont tellement débordées par la tâche et la gestion de classe, comment pourront-ils atteindre leur plein potentiel ? Et je n'aborde même pas ici la revalorisation de l'enseignement public face à celui qui est dispensé au privé. L'austérité a-t-elle vraiment sa place en éducation ?

Bref, je suis une mère inquiète.





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